Introduction

«Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore.»

Des Mayas du Yucatân aux Khmers d’Angkor, en passant par les Garamantes du Tassili N’Ajjer, des civilisations entières ont disparu de n’avoir su anticiper une ère de sécheresse. Et aujourd’hui encore, quand il s’agit de l’avenir de notre planète, de protéger la nature, ou de sauvegarder notre environnement, aussitôt, les grands mots et les belles paroles fusent de tous côtés, mais au final, tantôt l’indignation, tantôt la résignation servent bien vite de façade à l’inaction. Et donc, à nouveau, au manque d’anticipation. En forçant le trait, on pourrait dire que tout le monde est concerné, tout le monde a envie de s’impliquer, mais au final personne ne fait rien, ou presque. Un fantaisiste résume cela en une boutade : «Tout le monde veut sauver la planète, mais personne ne veut descendre les poubelles. »
Aujourd’hui donc, et plus que jamais, pour reprendre un élan de Nicolas Hulot, c’est le syndrome du Titanic : l’orchestre joue, les gens dansent en toute insouciance, pendant que notre vaisseau Terre file droit vers l’iceberg…
Nous savons pourtant qu’il y a de plus en plus d’icebergs et de périls sur notre route actuelle, et qu’il y en a de plus en plus de grosse taille, mais nous n’anticipons pas. Nous refusons de voir ces icebergs comme si nous naviguions en pleine nuit noire, ou avec un splendide bandeau opaque sur les yeux. Nous refusons d’imaginer (et même seulement d’envisager…) que nous risquons bien, un jour, de couler avec notre bateau, si nous ne prenons aucune mesure concrète et rapide pour changer de cap, si nous continuons de faire fausse route et toujours aussi aveuglément confiance en notre bateau qui nous paraît si gigantesque, si insubmersible, et aux ressources si inépuisables…
Alors, allons-nous un jour couler comme le Titanic ? Aurons-nous la chance d’éviter tous les icebergs ? Finirons-nous un jour par anticiper et changer de cap en adoptant de nouvelles habitudes de consommation, de nouvelles attitudes, de nouveaux comportements ?
Jusqu’ici nous avions la faiblesse de faire «comme si», comme si la majorité des ressources de la planète étaient inépuisables, comme si la capacité de notre planète à encaisser les pillages, les saccages (forêts, ressources sous- marines, etc.) était sans limites… comme si la capacité de notre planète à encaisser les poubelles, les montagnes de déchets, les rejets de matières toxiques et de gaz polluants, etc. était sans limites… Mais nous savons, parfois depuis peu, que sur de très nombreux registres, ce n’est plus le cas: notre planète a besoin de respirer, de prendre un nouveau souffle, notre planète a besoin qu’on l’aide à mieux gérer ses ressources naturelles comme ses capacités à en générer de nouvelles…
Alors, aujourd’hui, même si les ressources et les ressorts de notre vaisseau ont été dans le passé impressionnants et parfois même étonnants, et nous ont permis de parvenir jusqu’ici, malgré les épreuves douloureuses, les crises graves, les péripéties, et sans compter les coups de colère à répétition de Dame Nature, il est difficile, voire impossible, de répondre à cette question : allons-nous un jour couler comme le Titanic ou finirons-nous par changer de cap ?


A défaut de pouvoir répondre positivement, ce site vous proposera donc d’avoir au moins la noblesse de croire qu’il est encore temps d’éviter le pire, et d’agir. Chacun selon ses propres moyens et ses aptitudes personnelles. De façon à ce que les efforts conjugués des plus motivés ravivent la motivation des autres et finissent par déclencher un immense élan, un élan du plus grand nombre de personnes possible. Alors là, OUI, notre vaisseau finira bientôt par changer de cap, et notre planète verra s’ouvrir devant elle une nouvelle ère, remplie d’espoirs, de nouveaux rêves et de projets tout neufs, et pourra affronter alors les autres défis de l’humanité (la faim dans le monde, le terrorisme, le chômage, etc.).
Vous trouverez ici une foule de conseils, trucs et astuces pour économiser la planète (exemples : ses ressources en matières premières, énergie), pour la soulager (augmenter la production d’oxygène, stocker le gaz carbonique, diminuer les déchets, etc.), voire créer de nouvelles ressources (production de compost, de biomasse, d’eau potable, etc.) et lui rendre comme une seconde vie.
Une chance pour ce projet, ce rêve, cette vision, c’est que la planète fait de plus en plus souvent partie de nos préoccupations. La formidable caisse de résonance des médias y est pour beaucoup, de même que la lutte souvent dynamique, voire partisane et acharnée, parfois depuis de nombreuses années, de nombreux militants écologistes de par le monde. Mais faire du bruit et brasser de l’air en agitant ses bras comme des moulins à vent ne sert à rien si une révolution en douceur n’est pas déclenchée, en profondeur, rapidement, et sur une large échelle. Et que l’on vérifie rapidement la théorie de Théodore Monod : « Des micro-solutions locales peuvent engendrer des macro-solutions à l’échelle globale » à condition d’être adoptées et appliquées par des milliers et des milliers d’individus, et d’être répliquées chaque jour, inlassablement, à des milliers et des milliers d’exemplaires, comme une nouvelle habitude, un nouveau mode de vie.
Enfin, vos changements de comportement ici ou là, mais à répétition, entraîneront sans doute un changement d’attitude également : moins pressé, moins stressé, plus habitué à vivre comme un cran en dessous, libéré, vous découvrirez alors une nouvelle façon de vivre, plus humaine, plus chaleureuse, plus solidaire, plus tournée vers les autres (parfois l’humanité tout entière !), plus tournée vers l’essentiel : vos véritables priorités. Vous découvrirez alors qu’économiser la planète, prendre conscience qu’elle est si fragile, être doux avec elle, la protéger et l’embellir à chaque fois que vous le pouvez, vous apportera un profond et délicat sentiment de paix, de sérénité, de force et calme. Vous vous sentirez plus en accord que jamais avec ce que vous avez plus profond en vous. Vous vous sentirez plus détendu et libéré. Vous découvrirez alors que « bien-être et harmonie » riment avec « écologie ». Et «économies » aussi, car chemin faisant, vous accumulerez un nombre d’économie, dont vous n’avez peut-être encore aucune idée aujourd’hui !